Aperçu du livre de thérapie


Liane Collot d'Herbois

Liane Collot d’Herbois

« La lumière et les ténèbres sont les forces créatrices primordiales. Elles forment la grande polarité cosmique d’où, au début des temps, jaillit toute la création.

En premier lieu viennent les ténèbres ; elles sont mères de toute substance. Elles enveloppent tout, imprègnent tout, portent tout. Les ténèbres sont l’expression de la sympathie cosmique, elles se déversent, enveloppent et soutiennent. Elles sont porteuses de la chaleur, de l’amour et de la pesanteur, force d’attraction qui est elle-même une expression de la sympathie. L’obscurité emplit, elle donne substance, mais elle est sans forme en elle-même et n’a pas la possibilité de donner forme, car elle ne peut façonner ni centre ni périphérie.

Les ténèbres existaient avant la lumière. Elles constituent le tout premier principe de la création et aussi le plus puissant. Elles donnent l’impulsion. Il y a une certaine activité volontaire en elles, comme si un être se créait à partir de sa propre volonté. Les ténèbres ont un lien avec la bonté, le soin, ce qui porte et soutient avec amour, ce qui encourage à croître.

La lumière est un élément tout autre. Elle est l’expression de l’antipathie cosmique. Elle rayonne d’un centre vers une périphérie. Elle est porteuse d’une impulsion formatrice. Elle est claire, froide, définie. Près de sa source, son intensité est au maximum. En s’en éloignant, elle faiblit progressivement pour enfin disparaître tout à  fait.
Nous disons que la lumière se déplace en ligne droite, mais en réalité, elle ne se déplace pas.
C’est nous qui lui attribuons cette idée de mouvement. La lumière paraît entre sa source et sa périphérie et elle le fait sous forme de points, de segments, de faisceaux et de gerbes. Elle faiblit parce qu’elle quitte sa source et rencontre les ténèbres. Les ténèbres s’affaiblissent parce qu’elles rencontrent la lumière. Et dans cette rencontre il y a un grand mouvement, un grand drame, une bataille et une réconciliation tout à la fois.

Dès que la lumière cosmique rayonne dans les ténèbres cosmiques, il se produit un mouvement impressionnant. De par leurs forces de sympathie les ténèbres se déplacent vers la lumière, essayant de l’absorber. Du fait de ses forces d’antipathie, la lumière repousse les ténèbres, les écarte, les transperce, se frayant un passage pour poursuivre son chemin. L’antipathie cosmique rencontre la sympathie cosmique et le résultat de leur interaction est un mouvement dans l’espace. La lumière crée l’espace en repoussant les ténèbres. Les ténèbres ondulent, fuient la lumière puis s’en rapprochent, en vagues, en spirales. Les ténèbres se meuvent de maintes façons. Le mouvement ne vient pas d’elles. Le mouvement qu’elles portent est éveillé et devient réel dès que la lumière rayonne.

Comme je l’ai dit, la lumière se fraye un chemin, coupant à travers les ténèbres et les écartant. Elle a une direction donnée qui l’éloigne de sa source. Les ténèbres affluent de tous les côtés, de toutes les directions, désirant la lumière, aimant la lumière. Loin de la lumière, les mouvements des ténèbres sont comme le va-et-vient d’un flux, tour à  tour arrondi et ondulant, puis hésitant et incertain. Plus on se rapproche de la lumière et plus son influence agit sur les mouvements des ténèbres, les structurant en des formes toujours plus définies. La lumière puissante donne des limites précises et des surfaces lisses, des contours bien découpés. Les ténèbres s’abandonnent alors à  l’action de la lumière. Elles deviennent toujours plus transparentes à  mesure qu’elles prennent la lumière en elles. Commençant par une faible et douce lueur dans de lents mouvements presque sans forme, elles s’éclairent graduellement jusqu’à un état translucide et une structure quasi cristalline. Lorsqu’elles se rapprochent encore davantage de la lumière, les ténèbres sont morcelées en petits fragments avant de mourir finalement dans la lumière.

Près de sa source la lumière est forte et douée d’un grand pouvoir formateur, mais elle s’affaiblit à mesure qu’elle pénètre plus profondément dans les ténèbres. Elle devient alors de plus en plus diffuse, elle ne découpe et ne modèle plus les mouvements des ténèbres, mais glisse sur elles avec hésitation et douceur, se dispersant peu à  peu, s’atténuant en une lumière toujours plus douce pour mourir finalement à la périphérie.

Cette interaction entre la lumière et les ténèbres, ce mouvement dans l’espace, est le fondement de toutes les couleurs, l’origine même de la couleur.
La couleur vient au monde grâce à  ce processus.»

Extrait du livre « Lumière, Ténèbres et Couleur. Thérapie par la peinture »